en désaccord total avec les prémisses et les conclusions de cette position. La sensibilisation et l’engagement à la discussion et le débat sain et contradictoire est la base de toute démocratie et de formation intellectuelle.
En France, la grande majorité de la population n’est pas climato-sceptique (d’après l’Ademe, seulement 2% de la population nie l’existence des changement climatique et 30% doute de son origine strictement humaine – donc une minorité) et pourtant, les politiques publiques continuent de passer à côté des objectifs – forts modestes – fixés par le gouvernement. Résultat : des canicules de plus en plus violentes (dont les femmes – qui subissent une hausse des violences conjugales, les personnes isolées et la classe ouvrière sont les premières victimes) et Libération qui fustige les climatosceptiques de CNews. Et des écolos qui, comme toujours, alertent.
Et si le paradigme sensibliste était l’une des causes de l’impuissance organisée dans le camp progressiste, au sein de l’écologie mainstream tout particulièrement ? Les défaillances politiques procèdent-elles réellement d’un manque de sensibilisation – ou de sensibilité ? Ou bien l’excès de sensibilisation conduirait-il finalement à une dépolitisation des problèmes ?
Pas du tout d’accords. La sensibilisation n’est certes pas suffisante (et si les concernés font mine de croire le contraire c’est surtout le biais habituel qui veut qu’on se croit toujours le héros de sa propre histoire) mais elle est tout à fait essentielle. Parceque sans se travail d’information et d’éducation, pas de mobilisation (voir comment la question des datacenters est subitement devenu un motif d’engagement avec la popularité des IAs) et surtout, parceque sans elle les forces mobilisés concrètement et politiquement risquent de s’épuiser inutilement voir d’agir à l’encontre des objectifs recherchés.
L’exemple de l’energieWende est frappant : une victoire inconditionnelle des mouvements écolos allemands institutionnels et militants qui ont bouleversés le système industriel de production d’électricité et à permis de réduire l’intensité carbone de l’électricité à… environ dix fois plus que les ruines des rêves mouillés de Pompidou. Si ne serait-ce qu’1% de l’énergie qui a été mise dans la lutte contre le nucléaire avait été mise dans la lutte contre la bagnole on vivrait sûrement aujourd’hui dans une sorte d’utopie techno-communiste.
Je crois comprendre le point de vue de l’auteur de l’article qui est engagé plus sérieusement que Greenpeace ou EELV dans la cause écolo et qui a l’impression que les gens qui s’engagent dans des mouvement “mainstream” sont comme détournés de pratique plus efficaces (comme la sienne). Mais c’est confondre les paroles et les actes : quelqu’un qui se dit écolo révolutionnaire anti-capitaliste est qui s’engage avec les verts n’est, de fait, pas un écolo révolutionnaire anti-capitaliste (et ne se serrait donc pas engagé auprès de Frustration de toute façon, et ne le ferra pas après avoir lu cet article).
Au final ce genre de discours est non seulement faux, mais il a pour seule conséquence de favoriser le sentiment de “tous pourris”, et l’inaction qui va avec.
L’auteur a écrit “Pourquoi l’écologie perd toujours” dans lequeleil dénonce exactement l’objectif politique de greenpeace et autres qui s’arrêtent à la sensibilisation
https://frustrationmagazine.fr/ecologie-perd
Un autre truc qu’il faut pas oublier c’est que pour beaucoup de monde cette mobilisation pas trop radicale c’est quand même pas mal une première entrée dans la politique hors-élection, et il y a du monde qui ne s’arrête pas là. Comme tout changement, y aller proressivement c’est beaucoup plus facile. On remercie les alternatiba d’exister et de vite montrer leurs limites une fois qu’on est en interne et de donner envie d’aller sérieusement plus à gauche





