Je ne comprends pas que ce concept ne soit pas plus utilisé dans les cercles académiques et activistes.

On dispose d’assez de ressources pour offrir une vie correcte à tout le monde. C’est un choix politique conscient de ne pas saisir puis redistribuer les ressources en question afin que tout le monde puisse en bénéficier.

Lorsque l’on impose une politique d’austérité, c’est une forme de violence économique : l’état manque d’argent, pour résoudre ce problème il décide que le peuple doit souffrir de façon souvent extrême (ou même mortelle) plutôt que de prendre l’argent là où il est.

Les mots ont un pouvoir, utiliser les bons mots donne plus de sens et de réalisme aux choses dont on parle. Austérité est un euphémisme. Violence économique est plus descriptif.

Les sciences sociales n’ont pas de mal à parler de violences structurelles, mais l’économie se retient À croire que cette discipline est plus soumise à la bourgeoise et au capital.

  • Left as Center
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    1 month ago

    Vis a cis du grand publique:

    • En économie ceux qui font le plus de bruit sont les financiers d’entreprise, adeptes d’outils micro-économiques.
    • Ceux qui ont une vision plus claire sont les macroeconomistes qu’on retrouve plus dans les banques centrales et dont on entend parler uniquement en cas de crises.
    • L’étude de la repartition des richesses reste plus le domaine des économistes qui se penchent sur l’histoire ou l’aspect socio, donc plus éloignés des cercles de ceux qui analyse et font tourner la machine actuelle.

    Un plan d’austérité c’est plus le langage politique et l’imbécilité associée qui est criticable. En économie les choses sont assez claire: il faut agir de manière contre-cyclique, et les périodes d’austérité ne sont recommandées qu’en cas d’inflation haute persistante et elles sont clairement annoncées au prix d’un chômage élevé sur la même durée, ce qui n’est pas souhaitable. C’est du niveau cours de macroéconomie première année.

    Par contre le jeu politique (auquel adhèrent des économistes qui sont au métier ce que Boiron est a la médecine) est de dépenser quand le pays tourne fort (au lieu d’économiser, ce qui n’aide pas a stabiliser les finances nationales et peut même générer de l’inflation de manière assez dangereuse) pour ensuite demander de l’austérité quand ça va moins bien, non pas dans un but économique mais pour démanteler la sécurité sociale. Aucun macro économiste te dira de passer en austérité en période de crise non inflationnaire, c’est de la connerie pure, ça empire la crise. Bien sur c’est modulo les fondamentaux du pays, sa capacité a gérer sa dette etc.

    De même aucun économiste sérieux ne croit au ruissèlement.

    Bref, je pense que dans les milieux académique économique le sujet est assez clair, mais vu par les chiffres. Dans les milieux activistes, c’est comme dans la population générale, ça manque de connaissance en macro pour aborder ce qui marche de ce qui ne marche pas et savoir quand un gouvernement annonce un plan d’austérité a tort (crise grecque, gestion du covid…) ou a raison (dégager l’inflation conséquente des premiers chocs pétroliers).

    • BadOPM
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      1 month ago

      dans les milieux académique économique le sujet est assez clair […] dans les milieux activistes, c’est comme dans la population générale, ça manque de…

      Pas juste un manque, il y a aussi une répression active de certains modes de pensée par l’exclusion académique, le deplatforming, la dissolution d’organisations militantes, l’impossibilité de porter certains sujets sur la scène politique.

      Les critiques individuelles sont tolérées, elles détournent bien l’attention des critiques structurelles, qui elles par contre…

      Il arrive aujourd’hui à la doctrine de Marx ce qui est arrivé plus d’une fois dans l’histoire aux doctrines des penseurs révolutionnaires et des chefs des classes opprimées en lutte pour leur affranchissement. Du vivant des grands révolutionnaires, les classes d’oppresseurs les récompensent par d’incessantes persécutions; elles accueillent leur doctrine par la fureur la plus sauvage, par la haine la plus farouche, par les campagnes les plus forcenées de mensonges et de calomnies. Après leur mort, on essaie d’en faire des icônes inoffensives, de les canoniser pour ainsi dire, d’entourer leur nom d’une certaine auréole afin de “consoler” les classes opprimées et de les mystifier; ce faisant, on vide leur doctrine révolutionnaire de son contenu , on l’avilit et on en émousse le tranchant révolutionnaire. C’est sur cette façon d’“accommoder” le marxisme que se rejoignent aujourd’hui la bourgeoisie et les opportunistes du mouvement ouvrier. On oublie, on refoule, on altère le coté révolutionnaire de la doctrine, son âme révolutionnaire. On met au premier plan, on exalte ce qui est ou paraît être acceptable pour la bourgeoisie. Tous les social-chauvins sont aujourd’hui “Marxistes” - ne riez pas ! Et les savants bourgeois allemands, hier encore spécialisés dans l’extermination du marxisme, parlent de plus en plus souvent d’un Marx “national-allemand”, qui aurait éduqué ces associations ouvrières si admirablement organisées pour la conduite d’une guerre de rapine !
      V.I Lenine, l’état et la révolution

      :)

      • Left as Center
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        1 month ago

        Le manque était un constat. C’est clairement “trop compliqué” pour les gueux, faut pas leur infliger ça, on va se limiter a la “loi” de l’offre et la demande.

        Faudrait faire lire du Krugman grande époque de manière obligatoire pendant la scolarité, il est hyper fort en vulgarisation économique.

  • tnn (FX)
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    1 month ago

    Malheureusement les sciences sociales sont vus comme des sujets moins sérieux. Et oui je prefigure que l’économie est aujourd’hui soumise au camitalisme, à quelques exceptions près. Sinon on verrait d’autres modèles économiques émerger.