Je ne comprends pas que ce concept ne soit pas plus utilisé dans les cercles académiques et activistes.
On dispose d’assez de ressources pour offrir une vie correcte à tout le monde. C’est un choix politique conscient de ne pas saisir puis redistribuer les ressources en question afin que tout le monde puisse en bénéficier.
Lorsque l’on impose une politique d’austérité, c’est une forme de violence économique : l’état manque d’argent, pour résoudre ce problème il décide que le peuple doit souffrir de façon souvent extrême (ou même mortelle) plutôt que de prendre l’argent là où il est.
Les mots ont un pouvoir, utiliser les bons mots donne plus de sens et de réalisme aux choses dont on parle. Austérité est un euphémisme. Violence économique est plus descriptif.
Les sciences sociales n’ont pas de mal à parler de violences structurelles, mais l’économie se retient À croire que cette discipline est plus soumise à la bourgeoise et au capital.


Vis a cis du grand publique:
Un plan d’austérité c’est plus le langage politique et l’imbécilité associée qui est criticable. En économie les choses sont assez claire: il faut agir de manière contre-cyclique, et les périodes d’austérité ne sont recommandées qu’en cas d’inflation haute persistante et elles sont clairement annoncées au prix d’un chômage élevé sur la même durée, ce qui n’est pas souhaitable. C’est du niveau cours de macroéconomie première année.
Par contre le jeu politique (auquel adhèrent des économistes qui sont au métier ce que Boiron est a la médecine) est de dépenser quand le pays tourne fort (au lieu d’économiser, ce qui n’aide pas a stabiliser les finances nationales et peut même générer de l’inflation de manière assez dangereuse) pour ensuite demander de l’austérité quand ça va moins bien, non pas dans un but économique mais pour démanteler la sécurité sociale. Aucun macro économiste te dira de passer en austérité en période de crise non inflationnaire, c’est de la connerie pure, ça empire la crise. Bien sur c’est modulo les fondamentaux du pays, sa capacité a gérer sa dette etc.
De même aucun économiste sérieux ne croit au ruissèlement.
Bref, je pense que dans les milieux académique économique le sujet est assez clair, mais vu par les chiffres. Dans les milieux activistes, c’est comme dans la population générale, ça manque de connaissance en macro pour aborder ce qui marche de ce qui ne marche pas et savoir quand un gouvernement annonce un plan d’austérité a tort (crise grecque, gestion du covid…) ou a raison (dégager l’inflation conséquente des premiers chocs pétroliers).
Pas juste un manque, il y a aussi une répression active de certains modes de pensée par l’exclusion académique, le deplatforming, la dissolution d’organisations militantes, l’impossibilité de porter certains sujets sur la scène politique.
Les critiques individuelles sont tolérées, elles détournent bien l’attention des critiques structurelles, qui elles par contre…
:)
Le manque était un constat. C’est clairement “trop compliqué” pour les gueux, faut pas leur infliger ça, on va se limiter a la “loi” de l’offre et la demande.
Faudrait faire lire du Krugman grande époque de manière obligatoire pendant la scolarité, il est hyper fort en vulgarisation économique.