Après onze mois de clandestinité pour échapper au régime de Nicolas Maduro, l’opposante vénézuélienne Maria Corina Machado a réussi à quitter son pays grâce à une opération minutieusement orchestrée. Elle est finalement arrivée à Oslo pour recevoir le prix Nobel de la paix, après un périple semé de risques.
Le Wall Street Journal est l’organe de propagande principal du capitalisme américain (via Rupert Murdoch), la façon dont France Info relaie la propagande autour de Machado comme si c’était une épopée héroïque c’est pas ouf…
Ça passe tellement rapidement sur ce passage :
Oui, les USA font des opérations illégales dans la région pour tenter de déstabiliser le pays et mettre Machado au pouvoir. Elle veut privatiser entièrement le secteur pétrolier, est soutenue par l’oligarchie du pays que Chavez avait chassée du pouvoir avec l’approbation du peuple, et soutient l’interventionnisme américain. C’est quand même important à mentionner, le minimum journalistique.
Ce prix nobel et sa représentation comme la grande femme du pays, c’est un récit d’héroïsme individualisé qui efface tout le boulot de l’opposition populaire non néolibérale, les mouvements sociaux les mouvements paysans les mouvements indigènes qui luttent depuis tellement longtemps contre Maduro et pour exfiltrer des vénézueliens qui souhaitent quitter le pays et n’ont pas le soutien de F-18 américains. Ces résistants se retrouveront à lutter contre Machado si elle prend le pouvoir, elle n’est pas leur salvation.
On voit d’ailleurs sur la photo du public lors de cette cérémonie de remise du prix nobel que seule l’extrême droite sud américaine s’est déplacée. Toute la fachosphère est au rdv pour Machado (incluant Milei pour ceux qui se demandent encore où il se place sur l’arc politique). Est-ce sage de la représenter comme la James Bond vénézuelienne ?