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    7 days ago

    Donc ils ont eu une éducation. Ils sont allés aux écoles — enfin à Sciences-Po, ou en école de journalisme. Donc on leur a enseigné. Donc, ils ont appris. Ils ont appris l’Histoire. L’ont régurgitée — dans des copies, puis dans des articles, dans des discussions mondaines. Ils ont vu des documentaires — sur Arte. Des films. Sur la montée. Sur ce qui s’est passé, les processus à l’œuvre, les accélérations. À quoi les processus ont conduit. Ils ont été invités — et ont invité — à « méditer ». Comment tout ça avait bien pu se passer. Au milieu de quelle inconscience, de quelle passivité, de quelles faillites, politiques, intellectuelles, morales. Après quoi, ils ont solennellement juré que « plus jamais ». Donc ils savent. Normalement.

    Et puis voilà que tout se reproduit — mais comme à la parade. Il n’y a même pas à faire effort de généralisation ou de conceptualisation. Tout est à nouveau sous leurs yeux : l’enchaînement. À l’identique ou presque. Il n’y a qu’à regarder, et puis à qualifier. Mais rien. Non, non, il ne se passe rien — enfin rien de remarquable. En tout cas ici. Ailleurs, ah oui, c’est différent. Aux États-Unis, par exemple. C’est très différent, les États-Unis. Selon la règle la plus éprouvée du journalisme national, quand c’est « loin », on peut y voir — attention : ne pas utiliser pour Israël. A propos des États-Unis, par exemple, il est même autorisé maintenant de s’adonner au frisson de dire « fascisme ». En France ? Montée, enchaînement ? Franchement, non, on ne voit pas. Rien. RN, oui — quand même, on lit les sondages. Mais parfaitement républicain ; fascisme, non.

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