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    4 months ago

    Grâce à ma lecture de Dracula, je peux ajouter les informations suivantes :

    Ce funèbre symbole, joint au cri plaintif que ce papillon nocturne émet lorsqu’il est effrayé, ont quelquefois jeté la terreur dans des populations entières. L’apparition de ce papillon dans certaines contrées ayant coïncidé avec l’invasion d’une maladie épidémique, on crut voir dans ce lugubre sylphe des nuits le messager de la mort, car il en portait la livrée. L’ Acherontia atropos joue un grand rôle dans les croyances superstitieuses qui courent les campagnes de la vieille Angleterre. On entend dire, dans les veillées champêtres, que ce farouche habitant des airs est en rapport avec les sorcières, et qu’il va murmurant à leur oreille, de sa voix triste et plaintive, le nom de la personne que la mort doit bientôt emporter.

    Par quel fatal préjugé cet innocent insecte est-il ainsi voué à l’anathème ? Pourquoi la superstition des campagnes veut-elle l’associer au principe du mal ? Malgré sa noire livrée, l’ Atropos ne vient pas des sombres bords; ce n’est pas un envoyé de la mort, un messager de la tristesse et du deuil. Comme les papillons qui font briller au soleil leurs couleurs diaprées, il vient du sein béni de l’auteur de la nature : il remonte aux sources divines et communes de la vie. Il ne nous apporte pas des nouvelles d’un autre monde ; il nous apprend, au contraire, que la nature sait peupler toutes les heures; qu’elle a voulu, pour consoler leur tristesse, accorder au crépuscule et à la nuit ces mêmes sylphes ailés qui font la joie et l’ornement des heures de la lumière et du jour.

    Les Insectes, par Louis Figuier, éd. Hachette, 1875.

    En Transylvanie, on pense que beaucoup de gens peuvent projeter leur âme sous la forme d’un papillon. À Valcea, les âmes des vampires seraient incarnées par des papillons têtes de mort, qui, lorsqu’ils sont capturés, doivent être empalés sur une épingle et fixés à un mur pour les empêcher de voleter plus loin.

    “The Vampire in Roumania”, Agnes Murgoci in Folklore , Vol. 37, No. 4 (Dec. 31, 1926), pp. 320-349