La France comptait 9,8 millions de personnes sous le seuil de pauvreté en 2024 (date des derniers chiffres disponibles).
Depuis 1996, date à laquelle l’Insee commence à mesurer la pauvreté selon des critères comparables, jamais une telle proportion de la population n’avait été concernée. Le pic actuel est supérieur à celui qu’a connu la France en 2011 après la crise financière ou en 2018 à la suite de la baisse des allocations logement et de l’augmentation des prix des carburants – une période pendant laquelle avait émergé le mouvement des « gilets jaunes ».
Si ces chiffres montrent une sérieuse aggravation de la pauvreté ces dernières années, ils continuent d’en masquer une partie. Sont notamment exclus de son recensement les personnes des Outre-mer, les personnes résidant en Ehpad mais aussi sans domicile fixe. Cette absence réduit de 2,1 millions le décompte du nombre de personnes pauvres, selon la dernière estimation de l’Insee, qui remonte à 2021.
En 2013, le système redistribution permettait de faire baisser de 7,7 points la pauvreté ; dix ans plus tard, ce n’est plus que de 1,4 point.
Plus préoccupant encore, le taux de pauvreté a augmenté de 2,6 points entre 2014 et 2024, malgré une hausse du taux d’emploi des 15-74 ans de 5,3 points, relève l’OFCE. Une situation loin d’être anodine car, comme le pointe l’Observatoire, jusqu’ici, « l’amélioration du marché du travail a le plus souvent coïncidé avec une baisse de la pauvreté » dans le reste de l’Europe.