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À la une, la répression policière, l’interdiction de manifester et les préparatifs de samedi.
Bonjour et bienvenue dans votre journal.
BRÈVES CONTRADICTOIRES
À la une des derniers jours, les soldats de l’opération Sentinelle ont déclaré être moyen chauds à l’idée d’être déployés pour la maintien de l’ordre car ils ont peur que l’on commence à les confondre avec des policiers. L’ambassadeur de Chine en France a fait savoir que les autorités chinoises s’inquiétaient de l’entrave par le gouvernement français des droits humains fondamentaux de ses citoyens.
CHANGEZ RIEN
La réponse du gouvernement aux manifestations du 17 octobre et au mouvement lycéen continue donc d’être une réponse répressive. Le Président de la République Emmanuel Macron a en effet annoncé qu’une grande partie des manifestations prévues le 24 octobre seront interdites. Emmanuel Macron, bonjour.
Macron, Affreux — Salut les factieux d’ultragauche !
Journaliste — Emmanuel Macron, vous êtes accusé de vouloir transformer la France en un régime autoritaire où les droits pour le peuple de s’opposer sont garantis.
Macron — Mais c’est n’importe quoi ! D’ailleurs eh, vous avez toujours droit de vous exprimer, non ? C’est bien la preuve qu’on est en démocratie !
Journaliste — Mais le régime parlementaire fonctionne également si les contre-pouvoirs sont garantis, notamment celui de respecter le résultat d’élections législatives ou de faire en sorte que les gens puissent manifester.
Macron — Oh eh oh hein bon ça va là si vous continuez comme ça je vais vous faire fermer moi hein, vous savez à qui vous parlez ?
Journaliste — À quelqu’un qui n’a plus de parti, plus de députés et plus de soutiens et qui part à la retraite dans six mois ?
Macron — Gneugneugneugneugneu
IL EST CLEAN
Selon des informations obtenues par Mediapart, le gouvernement aurait demandé aux Renseignements Territoriaux de produire des notes affirmant que La France Insoumise était à l’origine du mouvement, malgré l’absence de preuves. Sébastien Lecornu, bonjour.
Lecornu, Affreux II — Bonjour.
Journaliste — Sébastien Lecornu, c’est toujours la faute à LFI ?
Lecornu — Absolument, et c’est pas nous qui le disons, c’est les renseignements territoriaux, ils ont toujours raison !
Journaliste — Sauf que c’est vous ou votre ministre qui avez demandé aux renseignements territoriaux de produire des notes disant que c’était la faute à LFI.
Lecornu — Bien sûr, parce que c’est la faute à LFI ! Mais c’est mieux si c’est les Renseignements Territoriaux qui le disent, donc on leur a dit de le dire.
Journaliste — Donc vous n’avez pas de preuve que c’est la faute à LFI.
Lecornu — On n’a pas besoin de preuves, dans le doute c’est toujours la faute à LFI.
QUE DIT LE PEUPLE ?
Et pendant ce temps-là, les manifestations du 24 octobre se préparent.
Journaliste 2 — Nous nous trouvons actuellement dans la petite ville de Gerbille-sur-Topaze où nous allons interroger les habitants sur leur volonté d’aller manifester ce samedi.
Journaliste 2 — Bonjour, est-ce que vous comptez aller manifester samedi.
Personne 1 — Bah ma foi oui, il me reste encore huit dents après la dernière fois, donc je pense que je dois pouvoir encore endurer une journée.
Personne 2 — Oui. J’ai déjà préparé mon gilet par balles, mon casque renforcé de plomb, ma tenue de camouflage…
Personne 3 — Nous préparons une doctrine de réponse mesurée et pragmatique. C’est pourquoi nous avons préparé nos canons à eau, nos grenades de désencerclement, nos tonfas…
Personne 2 — Mes gouttes pour les yeux, mon drapeau blanc, mes fumigènes pour pouvoir m’enfuir par en bas, un jet pack pour s’enfuir par en haut
Personne 3 — Nos poings américains, nos bazookas, nos camions blindés à envoyer dans la foule, nos fusils mitrailleurs.
Journaliste 2 — Pensez-vous que les manifestations se dérouleront dans le calme ?
Personne 4 — ….
Journaliste 2 — Comme vous pouvez le constater, les manifestations du 24 octobre promettent d’être pacifiques et exemptes de toute violence.
Journaliste — Pour notre entretien du jour, nous nous retrouvons une fois n’est pas coutume avec le ministre de l’Intérieur pas encore démissionné Laurent Nunez. Laurent Nunez, bonjour.
Nunez, Affreux III — Bonjour.
Journaliste — Laurent Nunez, votre gestion des événements du 17 octobre a été unanimement décriée jusque dans votre propre camp. Comment pouvez-vous assurer que la journée du 24 octobre ne sera pas tout aussi aussi chaotique ?
Nunez — Écoutez, je peux vous assurer que nous avons tiré des enseignements des difficultés que nous avons rencontré la semaine dernière. Il n’y aucune chance que de telles scènes, strictement équivalentes, se reproduisent demain.
Journaliste — D’accord. Est-ce qu’on peut avoir le détail de ce que vous avez prévu pour maintenir l’ordre dans les cortèges ?
Nunez — Bah c’est facile maintenant les flics pourront tirer à balles réelles.
Journaliste — D-De quoi ???
Nunez — Bah oui.
Journaliste — Mais ça va être encore pire si vous faites ça, non ?
Nunez — Je vois pas de quoi vous voulez parler.
Journaliste — Et vous aviez dit qu’il n’y aurait pas les scènes de la semaine dernière ?
Nunez — Ah bah oui, je peux vous garantir que si on sort les flingues, ce sera pas les mêmes scènes que la semaine dernière.
Journaliste — Et bonne manifestation à tous. Nous vous souhaitons une fin de journée. À bientôt !


