Pour le glopowrimo je posterai ici mes textes que je veux bien poster. Je suis toujours OK pour la critique, même négative, et ne crois pas qu’il faille connaître ni “maîtriser” un art pour donner son avis dessus, sinon ce serait super chiant les conversations chaque fois qu’on regarde un film. J’écris des trucs déprimants et, de temps en temps, hyper cons, comme ça vous savez.

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    3 months ago

    Jour 02

    les *psy ont décrété qu’on manipulait
    des métaphores
    un peu bizarres un peu schizo un peu edgy
    incapables de voir les leurs
    dans idées noires contenir
    se faire du mal

    soigner

    on leur donnait la viande crue des pensées
    comme elle était
    un peu edgy un peu schizo un peu bizarre

    des années de traduction plus tard
    on a appris leur langage
    et ne leur parle plus

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    3 months ago

    Jour 03 (je suis un peu à la bourre, plus sur les internettes que sur l’écriture)

    l'original

    J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans.
    Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans,
    De vers, de billets doux, de procès, de romances,
    Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances,
    Cache moins de secrets que mon triste cerveau.
    C’est une pyramide, un immense caveau,
    Qui contient plus de morts que la fosse commune.
    – Je suis un cimetière abhorré de la lune,
    Où comme des remords se traînent de longs vers
    Qui s’acharnent toujours sur mes morts les plus chers.
    Je suis un vieux boudoir plein de roses fanées,
    Où gît tout un fouillis de modes surannées,
    Où les pastels plaintifs et les pâles Boucher,
    Seuls, respirent l’odeur d’un flacon débouché.

    Rien n’égale en longueur les boiteuses journées,
    Quand sous les lourds flocons des neigeuses années
    L’ennui, fruit de la morne incuriosité,
    Prend les proportions de l’immortalité.
    – Désormais tu n’es plus, ô matière vivante !
    Qu’un granit entouré d’une vague épouvante,
    Assoupi dans le fond d’un Sahara brumeux ;
    Un vieux sphinx ignoré du monde insoucieux,
    Oublié sur la carte, et dont l’humeur farouche
    Ne chante qu’aux rayons du soleil qui se couche.

    mes âneries

    J’ai plus de diagnostics que si j’avais mille psy
    Un gros classeur tout noir de bilans neuropsy
    D’examens, QCM, de notes de séances
    Et de compte-rendus de séjours aux urgences
    Cache moins de secrets que mon très gros cerveau.
    C’est un roc, c’est un pic, c’est un giga-caveau
    Où crèchent des zombies à l’abri de la lune
    Qui cherchent un souvenir pour que je les exhume,
    Ils grouillent de remords, de chaos et de vers
    Et dévorent toujours les mots les plus pervers.
    Je suis un vieux couloir plein de clous et de rouille
    Avec les os cagneux ; mon ultime bafouille
    Est un texte plaintif où mon pâle surmoi
    Seul respire l’odeur de ce n’importe quoi.

  • truite@piefed.blahaj.zone
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    3 months ago

    Jour 06

    30 ans que les canons crachent les rivières essoufflées sur les pistes
    les skis chaussés
    la protestation s’amollit

    été des truites étiques remontent des torrents sur des hameçons
    jusque
    quand
    elles pourront bien disparaître avec les insectes des pierres retournées et tout ce qu’on ne remet jamais en place
    sans regarder en arrière
    ni devant

    la marmotte
    a des papiers pour la frontière
    avec la PAF on sait jamais
    emballages de biscuits PQ pas enterré
    plastique alu mégot
    le randonneur est-il plus crade que l’exilé est-il plus crade que le touriste et
    après combien de départs
    devient-on touriste
    chez soi